Signé Glenn Drover et publié en 2007, ce jeu de plateau s'inscrit dans la grande tradition des jeux de civilisation euro-stratégiques. Librement inspiré de la franchise vidéoludique Age of Empires, il en extrait l'essence thématique pour proposer une expérience de jeu sur table à part entière, sans lien mécanique avec son modèle numérique. Chaque joueur y incarne une puissance coloniale de la Renaissance, avide de gloire, de richesses et de nouveaux territoires à conquérir au-delà des océans.
Le cœur du jeu repose sur un placement d'ouvriers particulièrement élaboré, où différents types de travailleurs offrent des options d'action distinctes. Au fil de trois grandes époques, les joueurs financent des expéditions, colonisent des régions du Nouveau Monde, développent leur flotte marchande et érigent des bâtiments capitaux qui confèrent à chaque nation des avantages uniques. La gestion économique s'entremêle habilement avec la lutte d'influence sur les territoires, la collecte de sets de ressources et, lorsque la diplomatie atteint ses limites, la déclaration de guerre. Cette superposition de systèmes crée une profondeur stratégique réelle, où chaque décision engage le destin de l'empire sur le long terme.
Conçu pour deux à cinq joueurs — voire six avec les composants additionnels prévus à cet effet — à partir de dix ans, il convient avant tout à des joueurs aguerris, tant sa complexité (évaluée à plus de 3 sur 5) demande un certain investissement pour être pleinement maîtrisé. Une partie dure typiquement entre quatre-vingt-dix minutes et deux heures, le temps d'une belle session stratégique entre passionnés. Amateur de jeux de civilisation exigeants, de courses à la colonisation ou de mécaniques euro bien huilées, ce titre est une référence solide du genre, toujours apprécié des connaisseurs.
Voir la fiche de Age of Empires III: L'âge des découvertes sur BoardGameGeek