Signé Stefan Feld, l'un des maîtres du jeu de gestion européen, Amerigo plonge les joueurs dans l'ère de la Renaissance maritime. On y incarne des explorateurs au service d'Amerigo Vespucci, partis sillonner les eaux d'Amérique du Sud pour y découvrir de nouvelles terres, établir des comptoirs commerciaux et bâtir des colonies sur des îles inconnues. Un thème d'exploration nautique classique, mais sublimé par une mécanique aussi originale qu'imprévisible.
Le cœur du jeu repose sur une tour à cubes, héritée d'autres titres de l'éditeur Queen Games. En début de partie, cette tour est alimentée en cubes de sept couleurs, chacune correspondant à un type d'action différent : navigation, construction, défense contre les pirates, acquisition d'avantages spéciaux… À chaque tour, les joueurs y déversent de nouveaux cubes, mais certains se coincent dans les étages tandis que d'autres, retenus auparavant, se libèrent brusquement. Ce mécanisme crée une part d'incertitude maîtrisée : il faut savoir exploiter les actions disponibles à l'instant tout en anticipant celles qui pourraient surgir plus tard. Le plateau, modulaire et variable selon le nombre de participants, garantit une rejouabilité appréciable.
Amerigo s'adresse à des joueurs dès 10 ans, capables d'absorber quelques couches de réflexion sans pour autant se perdre dans une complexité écrasante. Pour deux à quatre participants, une partie se boucle en environ 90 minutes, ce qui en fait une excellente option pour les soirées de jeu entre passionnés aguerris ou joueurs intermédiaires en quête d'un titre consistant. L'expérience mêle tension tactique et calcul stratégique sur le long terme, avec cette nervosité propre aux productions de Feld, où chaque décision compte et où la tour peut toujours réserver une bonne ou mauvaise surprise.