Signé Stefan Risthaus et paru en 2014, ce jeu de gestion économique plonge les joueurs dans l'Angleterre de la fin du XVIIIe siècle, en pleine révolution industrielle. L'atmosphère est austère et rigoureuse : il s'agit de bâtir un empire manufacturier à l'époque des premières mécanisations, des contrats avec la Compagnie des Indes orientales et de la course effrénée à la productivité. Un titre exigeant, qui ne cherche pas à séduire mais à convaincre les amateurs de stratégie économique pure.
Chaque joueur gère jusqu'à quatre usines, embauche des ouvriers, investit dans des machines pour réduire les coûts salariaux et fixe ses propres prix de vente. Le cœur du système repose sur la valeur des actions en bourse : l'objectif n'est pas simplement de produire le plus, ni de posséder le plus de parts, mais de maximiser la valeur globale de son portefeuille d'actions — une distinction subtile qui force des choix cornéliens à chaque tour. Les joueurs placent des jetons d'action sur un plateau administratif en payant des coûts croissants, rendant chaque décision lourde de conséquences. Améliorer la qualité, conquérir les marchés coloniaux par voie maritime ou dominer le marché intérieur : les stratégies divergent, mais toutes exigent de surveiller et contrer les adversaires en permanence.
Arkwright propose deux modes de jeu distincts : une version allégée, Spinning Jenny, pour une initiation en deux heures environ, et la version complète Waterframe pour une expérience stratégique totale pouvant atteindre quatre heures. Prévu pour deux à quatre joueurs à partir de douze ans, c'est en réalité un jeu résolument expert, affiché parmi les plus complexes du genre avec une note de complexité frôlant le maximum. Il s'adresse aux passionnés de jeux économiques lourds, ceux qui ne redoutent pas les systèmes imbriqués et les calculs d'optimisation serrés. Une référence discrète mais solide dans sa catégorie.