Signé Michael Kiesling, l'un des auteurs les plus récompensés du jeu de société moderne, Azul: Summer Pavilion plonge les joueurs dans le Portugal de la Renaissance. L'histoire s'inspire d'un projet inachevé du roi Manuel Ier, qui rêvait d'ériger un pavillon d'été à la gloire de sa lignée royale. C'est cette ambition avortée que les joueurs sont invités à accomplir, en incarnant de talentueux artisans chargés de donner vie à ce chef-d'œuvre.
La partie se déroule en six manches, rythmées par deux phases distinctes : d'abord le draft de tuiles, puis leur pose sur un plateau individuel. Chaque plateau représente sept étoiles à compléter, chacune réclamant six tuiles disposées avec soin. Le coût pour poser une tuile n'est pas fixe — il dépend de la valeur inscrite dans l'emplacement visé, obligeant à dépenser plusieurs tuiles de sa réserve pour en placer une seule. La subtilité vient du système de couleur sauvage : à chaque manche, l'une des six couleurs devient un joker, ce qui renouvelle constamment les combinaisons possibles. Chaque placement bien enchaîné rapporte des points, et compléter une étoile entière octroie un généreux bonus en fin de partie. Mais attention : les tuiles non utilisées font perdre des points, imposant une gestion rigoureuse de ses ressources.
Accessible dès 8 ans pour deux à quatre joueurs, une partie s'apprécie en trente à quarante-cinq minutes, ce qui en fait une proposition idéale en soirée ou en famille aguerrie. Malgré une complexité modérée, la profondeur stratégique est bien réelle : la pression du draft, le calcul des coûts et l'optimisation des bonus maintiennent l'attention de bout en bout. Ce volet de la célèbre gamme Azul confirme l'attachement de Kiesling pour les puzzles abstraits à fort pouvoir visuel, aussi satisfaisants à contempler qu'à résoudre.
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