Sous le règne de Nabuchodonosor II, l'empire néo-babylonien connut un véritable âge d'or : irrigation florissante, essor des cités, commerce en plein développement. C'est dans ce berceau de la civilisation mésopotamienne que Reiner Knizia, l'un des auteurs les plus prolifiques et respectés du jeu de société moderne, a planté le décor de Babylonia, paru en 2019. Une belle occasion pour le maître de l'abstrait élégant de revisiter l'Antiquité avec sa précision coutumière.
Au cœur du mécanisme, les joueurs déploient sur une grille hexagonale des jetons représentant nobles, prêtres et artisans, cherchant à tisser des réseaux d'influence autour des cités du plateau. L'enchaînement des pièces — former des chaînes continues de symboles identiques — crée des connexions qui rapportent des points et débloquent des pouvoirs de dirigeants. Une couche supplémentaire implique de placer habilement ses paysans dans les plaines fertiles pour maximiser la valeur des récoltes. La gestion de sa main de tuiles et les choix de pose conditionnent tout : chaque décision est lourde de conséquences, le plateau se densifiant inexorablement.
Prévu pour deux à quatre joueurs à partir de 14 ans, Babylonia s'inscrit dans cette catégorie de jeux de complexité intermédiaire qui satisfont autant les habitués des soirées stratégiques que les joueurs plus occasionnels attirés par un thème historique soigné. Une partie se boucle en une heure environ, ce qui en fait un titre dense sans jamais se montrer épuisant. La tension monte progressivement, entre compétition pour les majorités et optimisation de ses propres chaînes — une expérience typiquement kniziesque, accessible en apparence, mais riche en profondeur tactique.