Signé Rob Daviau — le père du format legacy moderne — et développé avec une équipe de cinq co-auteurs, Betrayal Legacy est sorti en 2018 comme une fusion audacieuse entre deux univers qu'on aurait pu croire incompatibles : l'horreur gothique d'un manoir hanté et la narration persistante propre aux jeux legacy. Le résultat est une campagne en quatorze actes — un prologue et treize chapitres — dont l'histoire se déroule sur plusieurs décennies au sein d'un même lieu maudit, mais toujours hanté de nouveaux secrets.
Le cœur du jeu repose sur l'exploration d'un manoir dont les pièces se révèlent au fil des parties, à coup de tuiles posées aléatoirement et de jets de dés aux conséquences dramatiques. Mais ce qui distingue véritablement Betrayal Legacy, c'est la mémoire qu'il accumule : les joueurs incarnent des familles entières, dont les membres vieillissent, meurent ou laissent la place à leurs descendants. Les objets découverts deviennent des héritages familiaux — une vieille brouette ou un seau poussiéreux prennent une valeur inestimable quand ils restent dans la lignée. Et comme dans les autres titres Betrayal, une trahison peut surgir à mi-partie, basculant la dynamique coopérative en affrontement brutal.
Conçu pour trois à cinq joueurs à partir de douze ans, chaque session dure entre quarante-cinq minutes et une heure et demie, selon la cruauté du manoir ce soir-là. Le jeu s'adresse à un public qui aime les expériences narratives immersives, mâtinées d'horreur légère et de surprises permanentes. Sa complexité intermédiaire le rend accessible à des joueurs habitués aux jeux de plateau modernes, tout en offrant suffisamment de profondeur pour captiver une table d'enthousiastes prêts à s'engager sur la durée d'une campagne complète.