Signé par le designer Philip duBarry et édité en France par Matagot, ce jeu coopératif publié en 2016 plonge les joueurs dans l'une des pages les plus sombres de la Seconde Guerre mondiale. Chaque participant incarne un personnage historique réel ayant participé aux véritables complots visant à assassiner Hitler — ces conspirateurs que la Gestapo surnommait la Schwarze Kapelle, l'Orchestre Noir. L'atmosphère est pesante, tendue, profondément ancrée dans les événements réels du conflit.
Au cœur du jeu se trouve une mécanique en points d'action rythmée par la pression constante de la suspicion. À chaque tour, les joueurs se déplacent, fouillent des lieux, collectent du matériel ou jouent des cartes, tout en gérant leur niveau de motivation — ressource précieuse qui débloque capacités spéciales et tentatives d'attentat. L'action "Conspirer", qui consiste à lancer des dés pour gagner des actions supplémentaires, incarne parfaitement le double tranchant du jeu : prendre des risques pour agir vite, ou temporiser au risque de laisser passer le moment décisif. La partie se déploie sur sept phases chronologiques de la guerre, chacune apportant de nouveaux événements, opportunités et menaces. Si un conspiratuer est arrêté et cède sous l'interrogatoire, il devra prendre seul une décision lourde de conséquences.
Black Orchestra s'adresse à des joueurs à partir de 14 ans, de un à cinq participants, pour des parties d'environ 90 minutes. Son niveau de complexité intermédiaire en fait une excellente porte d'entrée vers les jeux coopératifs thématiques pour ceux qui souhaitent dépasser les titres familiaux. L'expérience oscille entre réflexion tactique collective et coups de théâtre dramatiques, avec une tension narrative rarement démentie. Un titre sombre et immersif, salué par une note solide sur les plateformes spécialisées, qui ne laisse pas indifférent.