Signé Etienne Espreman et publié en 2013, ce jeu de placement d'ouvriers plonge les joueurs dans le Bruxelles de la fin du XIXe siècle, à l'apogée du mouvement Art Nouveau. Chaque participant incarne un architecte ambitieux qui cherche à ériger l'œuvre bâtie la plus aboutie, tout en se forgeant une réputation dans les milieux artistiques et mondains de la capitale belge. Asmodee en assure la distribution francophone.
Le cœur du jeu repose sur un plateau modulaire qui redistribue chaque tour les actions disponibles, obligeant les joueurs à s'adapter en permanence. Acquérir des matériaux de qualité, construire les étages de son édifice, dénicher un mécène, créer et vendre des œuvres d'art : certaines de ces actions sont payantes, d'autres sont gratuites mais risquées — un ouvrier mal placé peut être perdu. La rivalité s'exprime aussi lors des expositions artistiques en fin de manche, où les enchères et le contrôle de majorité entrent en jeu, ajoutant une tension constante entre gestion des ressources et prise de risque. Au bout de cinq manches, les points de prestige accumulés via les bâtiments, les cartes bonus et les liquidités disponibles désignent le vainqueur.
Prévu pour deux à cinq joueurs à partir de treize ans, le titre propose des parties de cinquante minutes à plus de deux heures selon la configuration. Sa complexité élevée — mêlant placement d'ouvriers, enchères et gestion économique — en fait une expérience clairement orientée vers les joueurs experts ou les passionnés de jeux à mécaniques entrelacées. L'ensemble dégage une belle cohérence thématique, et la richesse des interactions entre participants garantit une rejouabilité appréciable pour qui aime les défis stratégiques profonds.