Signé Richard Garfield — le créateur de Magic: The Gathering — et édité en français par Iello, Bunny Kingdom débarque en 2017 avec un univers médiéval-fantaisiste décalé où des clans de lapins se disputent les terres d'un royaume nouvellement pacifié. Derrière l'apparence mignonne et colorée se cache pourtant un jeu de conquête territoriale aux ambitions bien affûtées.
Le cœur du jeu repose sur le draft de cartes : chaque joueur pioche une main, choisit secrètement les cartes qui lui semblent les plus précieuses, puis passe le reste à son voisin. Ces cartes permettent de placer des terriers sur une grande grille de cent cases, d'y construire des villes, ou d'y acheminer des ressources variées — carottes, eau, champignons, minerais rares. À la fin de chaque manche, les zones continues de terriers rapportent des points en fonction des cités et des ressources qu'elles englobent. Mais la véritable subtilité vient des cartes Parchemin, conservées secrètes jusqu'au décompte final : elles peuvent multiplier spectaculairement les scores et renverser une partie qui semblait jouée d'avance.
Prévu pour deux à quatre joueurs à partir de douze ans, Bunny Kingdom se boucle en quarante à soixante minutes, ce qui en fait une proposition accessible sans jamais manquer de profondeur stratégique. Le jeu plaira autant aux familles cherchant à franchir un palier de complexité qu'aux joueurs confirmés friands de draft et de gestion de territoire. La tension entre ce que l'on garde, ce que l'on cède et ce que l'on dissimule dans ses parchemins garantit une rejouabilité solide et des parties rarement identiques.