Signé Stefan Feld, l'un des maîtres incontestés du jeu de stratégie européen, Carpe Diem plonge les joueurs dans la Rome antique. Chaque participant y incarne un patricien fortuné, bien décidé à faire de son quartier urbain le fleuron de la cité. Sorti en 2018, ce titre s'inscrit parfaitement dans la lignée des jeux dits « à points de prestige » que Feld affectionne tant, avec une profondeur calculée et une rejouabilité remarquable.
Le cœur du jeu repose sur un draft de tuiles particulièrement original : les joueurs se déplacent sur un plateau central pour collecter des éléments de construction, selon un ordre de tour évolutif qui oblige à anticiper les choix adverses. Une fois récupérées, ces tuiles viennent s'assembler pour former des bâtiments dans son quartier, à condition de respecter des règles d'adjacence précises. La richesse stratégique vient surtout des cartes d'objectifs, tirées aléatoirement en début de partie, qui définissent des combinaisons de scoring radicalement différentes d'une session à l'autre. Aucune partie ne se ressemble vraiment, et les voies vers la victoire sont nombreuses.
Accessible dès dix ans pour sa compréhension des règles, Carpe Diem s'adresse néanmoins avant tout aux amateurs de jeux de réflexion intermédiaires, capables d'apprécier la tension d'un placement calculé et d'une gestion rigoureuse des ressources. Une partie se joue en quarante-cinq minutes à une heure et quart selon le profil des joueurs, pour deux à quatre participants. L'expérience est plutôt cérébrale et concurrentielle, sans interaction directe agressive, mais avec une pression constante exercée par le draft : prendre une tuile, c'est souvent en priver un adversaire. Un titre idéal pour les soirées stratégiques entre joueurs avertis.