Signé par Jean Fin et paru au début des années 2000, Composio est un jeu de lettres qui mise sur la déduction et la bluff lexical plutôt que sur la simple connaissance du dictionnaire. L'ambiance est légère, le matériel minimaliste : un plateau reprenant les 26 lettres de l'alphabet, des pistes de jeu associées à chacune d'elles, et des petits cailloux colorés attribués à chaque joueur.
Le principe de déduction progressive est au cœur de l'expérience. Le premier joueur pense secrètement à un mot, puis pose discrètement un caillou sous l'une des lettres qui le composent. Chaque joueur suivant doit à son tour imaginer un mot intégrant cette lettre et au moins une nouvelle lettre révélée, qu'il matérialise en plaçant son caillou sur le plateau. Au fil des tours, un réseau de lettres s'accumule, resserrant progressivement les contraintes. Celui qui ne parvient plus à trouver un mot valide compatible avec toutes les lettres révélées passe son tour — et le dernier joueur encore en lice doit annoncer son mot à voix haute. Si le mot est valable, il marque des points ; dans le cas contraire, la sanction tombe. Des cartes de restriction viennent pimenter chaque manche en excluant certaines lettres, forçant les joueurs à revoir leur vocabulaire en temps réel.
Accessible dès dix ans, Composio accueille de deux à quatre participants pour des parties d'une petite demi-heure. Son niveau de complexité très modéré en fait un excellent choix pour les soirées en famille ou entre amis curieux des jeux de mots, sans qu'il soit nécessaire d'être un as des lettres pour s'y amuser. L'aspect psychologique — tenter de déjouer les adversaires en choisissant des lettres rares ou en orientant subtilement le réseau — lui confère une vraie saveur stratégique malgré sa simplicité apparente.