À l'ère des grandes découvertes, des colons intrépides s'aventurent loin de leurs terres natales pour s'établir sur une île mystérieuse et sauvage. Cooper Island est l'œuvre d'Andreas Odendahl, parue en 2019, et propose une expérience d'exploration et de colonisation portée par une direction artistique soignée et une profondeur mécanique rarement atteinte dans ce registre.
Le cœur du jeu repose sur un placement d'ouvriers enrichi de plusieurs couches stratégiques. Les joueurs posent des tuiles de paysage pour agrandir leur territoire, récoltent des ressources, construisent des bâtiments aux capacités spéciales et lèvent progressivement les obstacles naturels qui bloquent l'avancée vers l'intérieur de l'île. Ce qui distingue véritablement Cooper Island, c'est la façon dont les points de victoire sont matérialisés : chaque joueur fait naviguer ses bateaux autour de l'île, et la position de ces navires reflète fidèlement sa progression. En chemin, de petites îles côtières offrent des avantages précieux, transformant chaque tour de piste maritime en véritable enjeu tactique. Des navires de ravitaillement viennent compléter le tableau en acheminant depuis l'Ancien Monde les ressources indispensables à une colonisation réussie. La partie se conclut au terme de cinq manches, couronnant le joueur qui aura su conjuguer développement intérieur et avancée navale.
Ce jeu s'adresse clairement à un public de joueurs experts, habitués aux mécaniques denses et aux décisions multiples simultanées — sa complexité le destine peu aux débutants. De deux à quatre participants dès douze ans, une partie s'étale entre une heure et deux heures selon l'expérience des joueurs. L'édition dispose par ailleurs d'un mode solo solide, intégré dans les rééditions récentes sous la forme d'une extension dédiée. Amateur de jeux à l'allemande exigeants, cherchant une expérience immersive et stratifiée ? Cooper Island mérite largement l'attention.