Ce soir, la reine donne un grand banquet et toute la cour est conviée. Derrière les apparences policées et les sourires de façade, c'est une lutte d'influence sans merci qui se joue en coulisses. Signé par le duo français Romaric Galonnier et Anthony Perone, et édité par Catch Up Games, Courtisans plonge les joueurs dans une atmosphère médiévale de trahisons feutrées et de manœuvres politiques, où il s'agit de placer ses familles favorites sous les meilleurs auspices avant que la soirée ne s'achève.
À chaque tour, un joueur pioche et joue trois cartes : l'une est posée à la table de la reine pour faire monter ou chuter l'influence d'une famille, tandis que les deux autres sont réparties entre sa propre cour et celle d'un adversaire — avec une malice calculée, puisque ces cartes peuvent valoir des points positifs ou négatifs selon le statut final de chaque famille. C'est cette mécanique de double tranchant qui fait tout le sel du jeu : on cherche à enrichir son domaine tout en glissant subtilement des cartes empoisonnées chez ses rivaux. La collection de sets et les retournements de situation de dernière minute donnent à chaque partie un rythme alerte et pimenté.
Prévu pour deux à cinq joueurs à partir de huit ans, Courtisans s'inscrit parfaitement dans la catégorie des jeux de cartes accessibles et malins, idéaux pour une soirée en famille ou entre amis. Une partie s'expédie en vingt à trente minutes, ce qui en fait aussi une excellente mise en bouche avant un jeu plus long. Sa complexité très réduite n'enlève rien au mordant des interactions, et ses mécaniques légèrement "coup-bas" garantissent rires et exclamations autour de la table. Une belle réussite pour Catch Up Games, dont la collection continue de prouver qu'un petit jeu peut avoir un grand caractère.