Véritable ancêtre des jeux de cartes modernes, ce classique britannique doit son existence à Sir John Suckling, poète et courtisan du XVIIe siècle qui l'aurait inventé vers 1630 en s'inspirant d'un jeu plus ancien appelé Noddy. Quatre siècles de pratique en ont fait l'un des jeux de cartes les plus joués dans les pays anglo-saxons, reconnaissable entre tous grâce à son accessoire emblématique : le cribbage board, une planchette de bois percée de rangées de trous dans lesquels on déplace des chevilles pour tenir le score.
Une partie repose sur une gestion fine de sa main de cartes. Chaque joueur reçoit six cartes et en écarte deux dans une pile commune appelée la crib, qui appartient temporairement au donneur. Une carte retournée du talon s'ajoute à toutes les mains. On joue ensuite ses cartes tour à tour en annonçant le total cumulé, et l'on marque des points chaque fois que l'on atteint certains totaux, forme des combinaisons ou des séquences. Vient ensuite un second décompte où chacun réévalue ses combinaisons en main. Le tout se traduit par un déplacement de chevilles sur le cribbage board — une course vers 121 points qui donne à chaque manche un rythme tendu et quasi arithmétique.
Traditionnellement conçu pour deux joueurs, le jeu peut accueillir jusqu'à six participants dans ses variantes en équipes ou en tournoi. À partir de dix ans, il développe le calcul mental et le sens tactique dans des parties d'une trentaine de minutes. L'expérience est à la fois compétitive et mathématique, idéale pour les amateurs de jeux de cartes classiques qui recherchent de la profondeur sans la complexité d'un jeu de plateau moderne. Sa longévité exceptionnelle témoigne à elle seule de son équilibre remarquable.