Signé par le duo Michael Rieneck et Stefan Stadler et paru en 2007, ce jeu de gestion nous plonge dans l'atmosphère bouillonnante de Cuba à l'aube de la révolution. Sur cette île aux richesses agricoles et commerciales, chaque joueur incarne un village qui cherche à prospérer en cultivant ses terres, en développant ses infrastructures et en tirant profit d'un marché intérieur en constante agitation. L'ambiance historique sert avant tout de décor à un système économique dense et savamment imbriqué.
Au cœur d'une partie, il s'agit de produire des marchandises — tabac, rhum, fruits — pour les écouler au bon moment, soit sur le marché local, soit à bord des navires marchands qui quittent le port. Mais la véritable subtilité réside dans la mécanique parlementaire : chaque tour, les joueurs envoient un délégué au parlement, où des lois sont votées et viennent modifier les règles du marché, les prix des ressources ou les conditions de victoire. Construire des distilleries, des hôtels ou des banques au moment opportun permet d'amplifier ses revenus, mais encore faut-il anticiper ce que le parlement adoptera… et ce que feront les adversaires. La gestion de la main de cartes dicte l'ordre des phases de jeu, offrant une liberté tactique réelle qui oblige à planifier avec rigueur.
Ce titre s'adresse à un public de joueurs confirmés, à l'aise avec des règles étoffées et des interactions économiques multiples. La partie réunit de deux à cinq participants à partir de douze ans, pour une durée oscillant généralement entre une heure et quart et deux heures. L'expérience est typiquement celle d'un eurogame expert : compétitif, cérébral, où chaque décision a un poids réel. Les amateurs de gestion économique et de négociation indirecte y trouveront une profondeur rare, même si les néophytes risquent d'être décontenancés par la richesse des interactions lors des premières parties.