Vlaada Chvátil, le prolifique auteur tchèque derrière des titres aussi variés que Codenames ou Mage Knight, nous plonge ici dans l'univers déjanté de Dungeon Lords avec un spin-off aussi inattendu que savoureux. Publié en 2011 et distribué en France par Iello, ce jeu nous confie la direction d'une famille d'imps qui a flairé le filon : ouvrir une animalerie… pour seigneurs des donjons. Autant dire que l'assortiment est pour le moins original, entre créatures magiques capricieuses, monstres joueurs et bestioles franchement mauvaises.
Le cœur du jeu repose sur un placement d'ouvriers revisité avec une belle originalité : chaque joueur constitue simultanément et en secret des groupes d'imps de taille variable, car plus le groupe est grand, plus on agit tôt dans le tour — mais plus on sacrifie de main-d'œuvre. Il faut alors gérer la croissance de ses petits monstres, répondre à leurs besoins représentés par des cartes (faim, humeur, maladies… ou accidents intestinaux au pire moment), et les présenter sous leur meilleur jour à des acheteurs potentiels. Des concours d'animaux de compagnie viennent pimenter la compétition et offrir des points supplémentaires à qui sait mettre en valeur ses pensionnaires.
Prévu pour deux à quatre joueurs à partir de treize ans, Dungeon Petz se savoure en une heure et demie environ. Son niveau de complexité — assez élevé — en fait clairement un jeu de joueurs aguerris, capable de gérer simultanément plusieurs paramètres tout en anticipant les actions adverses. L'expérience mêle gestion tendue, hasard maîtrisé et humour omniprésent, notamment dans l'absurdité réjouissante de ces créatures qui tombent malades pile quand un acheteur se présente. Un titre expert qui ne se prive jamais de sourire.