Signé par un collectif de cinq créateurs italiens — dont Flaminia Brasini et Virginio Gigli, habitués des jeux de gestion exigeants — et édité en français par Iello, ce jeu de stratégie plonge les joueurs dans l'Égypte antique. Chacun incarne un grand bâtisseur cherchant à acquérir gloire et prestige aux yeux du Pharaon, en érigeant les monuments les plus emblématiques de la civilisation égyptienne : le Sphinx, l'Obélisque, le Temple et la Grande Pyramide.
Le cœur du jeu repose sur un placement d'ouvriers au twist aussi élégant qu'implacable : les pions doivent être posés en suivant le cours du Nil, du sud vers le nord, sans jamais revenir en arrière. Cette contrainte transforme chaque décision en un véritable casse-tête d'anticipation — choisir trop tôt une case avantageuse, c'est se condamner à ignorer tout ce qui se trouve en amont. Sur la rive droite, on réserve des droits de construction et on gère l'économie ; sur la rive gauche, on pioche des cartes offrant champs cultivables, carrières de pierre ou faveurs divines. Une fois le placement terminé, il faut nourrir ses ouvriers grâce aux récoltes — elles-mêmes soumises aux caprices des crues du Nil — sous peine de perdre de précieux points de victoire.
Accessible dès 12 ans mais clairement destiné aux amateurs de jeux de gestion cérébrale, ce titre s'apprécie à deux, trois ou quatre joueurs pour des parties d'environ une heure et demie. L'expérience est tendue, calculatrice, récompensant la planification à long terme autant que la capacité à contrecarrer les plans adverses. Les bonus de fin de partie liés aux cartes Sphinx ajoutent une dernière couche de profondeur stratégique qui peut renverser un classement en faveur du joueur le plus prévoyant.