Signé Jeffrey CCH et édité en français par Iello, Eila et l'Éclat de la Montagne nous plonge dans un univers de fantasy intimiste et poétique. Au cœur d'une forêt ancienne baignée de mystère, une petite lapine nommée Éila aperçoit au loin un éclat lumineux qui l'attire irrésistiblement. Une obsession, une promesse, peut-être un danger — et une aventure solitaire hors du commun qui en découle.
Le jeu repose sur une narration à embranchements découpée en cinq chapitres, où chaque décision prise façonne le destin d'Éila de manière sensible et concrète. Rencontres, lieux inédits, ressources à gérer avec soin : les mécaniques s'entrelacent avec fluidité pour servir le récit plutôt que le contredire. Les chemins se ramifient, les fins diffèrent radicalement, et l'on ressent à chaque partie que les choix ont un véritable poids émotionnel. Le jeu prévient d'ailleurs que certains thèmes abordés peuvent toucher des cordes sensibles — ce qui dit beaucoup sur la profondeur narrative visée.
Conçu pour un seul joueur — bien qu'une approche coopérative à plusieurs soit possible — ce titre s'adresse à des aventuriers solitaires à partir de 12 ans, pour des sessions d'environ trente à quarante-cinq minutes. Sa complexité mesurée en fait un jeu accessible, mais son ambition storytelling le distingue nettement des expériences purement ludiques. Pour qui cherche une parenthèse douce-amère, un conte illustré que l'on joue autant qu'on le ressent, Eila et l'Éclat de la Montagne est une petite pépite de l'édition solo moderne — sa note remarquable auprès des joueurs ne laisse guère de doute là-dessus.
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