Signé Philippe Keyaerts — à qui l'on doit également Vinci — ce jeu de stratégie à thème préhistorique nous plonge au cœur d'une ère révolue, il y a plus de deux cents millions d'années, quand les premiers dinosaures osèrent quitter les mers pour conquérir les terres émergées. Un contexte évolutif où chaque espèce lutte pour sa survie face à un climat capricieux et à des voisins peu commodes.
Le cœur du jeu repose sur une mécanique d'enchères et d'évolution : chaque tour, les joueurs misent des points de mutation pour acquérir des gènes précieux — cornes, fourrure, résistance à la chaleur — qu'ils greffent ensuite à leurs créatures pour les adapter aux conditions changeantes du plateau. Les dinosaures migrent, se reproduisent, s'affrontent pour le contrôle des zones les plus clémentes, et seule l'espèce la mieux dotée parviendra à prospérer. Subtilité supplémentaire : les points de mutation non dépensés comptent dans le score final, si bien que chaque décision d'investissement se joue sur le fil. Et planant au-dessus de tout cela, une météorite dont l'impact — déterminé en partie par les dés — mettra fin à la partie sans crier gare.
Ce titre convient à des groupes de trois à cinq joueurs dès douze ans, pour des parties s'étalant généralement entre une et deux heures. Son niveau de complexité intermédiaire en fait une excellente porte d'entrée vers les jeux de gestion et d'influence : suffisamment accessible pour un soir en famille élargie, suffisamment riche pour séduire des joueurs confirmés en quête de tension stratégique. L'atmosphère préhistorique, l'humour discret et l'incertitude permanente créée par la météorite garantissent des fins de partie toujours haletantes.