Signé Joseph Z. Chen et Justin Faulkner et paru en 2019, ce jeu de construction industrielle vous plonge dans une véritable course à la production. L'univers, résolument thématique malgré une mécanique abstraite assumée, évoque la montée en puissance d'un empire manufacturier : chaque joueur cherche à assembler le réseau de fabriques le plus efficace pour écraser la concurrence à coups d'engrenages bien huilés.
Une partie se découpe en deux phases qui se répètent jusqu'au déclenchement de la fin de partie. D'abord, la phase de marché : on sélectionne librement un plan de construction ou on recrute un contractant moyennant ressources, en gardant un œil sur ce que convoitent les adversaires. Ensuite vient la phase de travail, où tous les joueurs lancent simultanément leurs dés — qui font office d'ouvriers — et les assignent à leurs fabriques pour produire biens et ressources. L'ordre de placement importe : enchaîner les actions dans la bonne séquence peut déclencher de puissants effets en cascade. Des ateliers de formation permettent en outre de manipuler les valeurs des dés, transformant chaque tour en véritable casse-tête d'optimisation. La partie s'achève dès qu'un joueur atteint douze marchandises produites ou dix bâtiments construits, et c'est le total de points — prestige des édifices plus biens fabriqués — qui désigne le vainqueur.
Fantastic Factories accueille de un à cinq joueurs à partir de quatorze ans, pour des parties de quarante-cinq minutes à une heure. Sa complexité mesurée en fait un titre accessible aux joueurs occasionnels comme aux habitués, sans jamais tomber dans la facilité : la richesse des synergies entre les plus de trente plans uniques garantit une rejouabilité remarquable. L'expérience est à la fois cérébrale et satisfaisante, portée par la jouissance propre aux jeux de engine building lorsque la machine tourne enfin à plein régime.