Signé Stefan Risthaus et paru en 2017, ce jeu de civilisation plonge les joueurs dans l'Antiquité méditerranéenne. Le titre lui-même est un clin d'œil savant : Gentes est le pluriel latin de gens, désignant ces grandes communautés humaines — tribus, nations, peuples — que chaque participant est appelé à incarner. L'ambition ? Bâtir des monuments grandioses, coloniser de nouvelles cités sur les rives de la Méditerranée et faire prospérer son peuple au fil des âges.
La particularité du jeu réside dans son mécanisme de gestion du temps, véritable colonne vertébrale de l'expérience. Chaque action coûte non seulement de l'argent, mais aussi des marqueurs de temps posés sur une piste personnelle : dès que celle-ci est saturée, le joueur ne peut plus agir pour le reste du round. Choisir une action peu coûteuse en sabliers libère de la place pour enchaîner les tours, tandis qu'opter pour des actions plus puissantes peut bloquer prématurément. À cela s'ajoute une gestion subtile des populations : six types de personnages (prêtres, soldats, marchands…) se partagent un espace limité sur le plateau individuel, et former davantage d'un type en repousse mécaniquement un autre. Construire des monuments et des cités devient alors indispensable pour débloquer de nouvelles options d'action et s'affranchir des contraintes du plateau commun.
Gentes s'adresse à un public de joueurs confirmés, à partir de 12 ans, pour des parties d'environ 90 minutes réunissant de un à quatre participants. Le mode solo est inclus, ce qui en fait une option appréciable pour les amateurs de défis solitaires. L'expérience est dense, cérébrale, portée par une optimisation constante et une tension permanente sur l'allocation des ressources. Les amateurs de jeux de civilisation à l'empreinte stratégique forte, qui apprécient les systèmes élégants aux interactions riches, y trouveront une profondeur remarquable pour un plateau de jeu relativement épuré.