Signé Antoine Bauza — à qui l'on doit également 7 Wonders — et édité en France par Cocktail Games, Hanabi tire son nom du mot japonais désignant les feux d'artifice, lui-même composé des idéogrammes « fleur » et « feu. » Ce petit jeu de cartes au thème poétique et zen cache une mécanique aussi simple à expliquer que redoutable à maîtriser.
Le principe repose sur un paradoxe délicieux : chaque joueur tient ses cartes face vers les autres, si bien qu'il est le seul à ne pas voir sa propre main. L'objectif commun est de reconstituer cinq suites de cartes colorées, numérotées de 1 à 5, dans le bon ordre — comme autant de bouquets de feux d'artifice qui s'élèvent en séquence parfaite. Pour y parvenir, les joueurs s'échangent des indices strictement limités, portant soit sur la couleur, soit sur la valeur d'une ou plusieurs cartes. Chaque information doit donc être pesée, mémorisée et interprétée avec soin. Une suite de feux manqués et c'est le spectacle tout entier qui part en fumée.
Accessible dès 8 ans et jouable en une petite demi-heure, Hanabi réunit de deux à cinq joueurs dans une expérience coopérative intimiste et tendue, où la communication devient un art à part entière. Le jeu convient aussi bien aux familles qu'aux amateurs de défis cognitifs, et sa richesse stratégique surprend toujours malgré sa complexité modeste. Couronné du Spiel des Jahres en 2013 — la plus haute récompense mondiale du jeu de société —, il fait partie de ces titres rares qui tiennent dans la poche mais occupent l'esprit bien longtemps après la partie.