Fruit du travail de Phil Eklund — ancien ingénieur en fusées reconverti en game designer visionnaire — et de ses coauteurs Justin Grey, Jon Manker et Dom Rougier, ce mastodonte de la conquête spatiale constitue la quatrième édition d'un jeu dont les origines remontent à Rocket Flight en 1999. L'ambition initiale était de simuler des compagnies spatiales privées en lice pour la rentabilité commerciale et le développement technologique, précisément à partir de l'année 2020. Cette édition aboutie s'impose aujourd'hui comme un système modulaire évolutif, conçu pour grandir avec les découvertes scientifiques réelles.
Au cœur de l'expérience trône une carte du système solaire qui n'a littéralement aucun équivalent dans le monde ludique : une carte en delta-v, représentant les distances non pas en kilomètres mais en énergie nécessaire pour voyager d'un monde à l'autre. Chaque joueur développe sa propre technologie spatiale, construit des routes d'approvisionnement, gère sa main de cartes et enchérit pour acquérir les innovations qui lui permettront de coloniser astéroïdes, lunes et planètes. La mécanique de collecte et de livraison se mêle à la négociation et à la construction de réseaux dans une profondeur vertigineuse. Le jeu propose également des variantes en solo, en coopératif, ainsi qu'une version d'introduction (Race for Glory) et même un scénario accessible aux jeunes joueurs curieux (Space Diamonds).
Prévu pour une à cinq personnes à partir de quatorze ans, une partie peut s'étaler de trente minutes à quatre heures selon le module choisi — un écart qui témoigne de la richesse modulaire de l'ensemble. Il s'adresse résolument à un public de joueurs experts, passionnés de hard science-fiction et de simulation rigoureuse, prêts à investir du temps pour maîtriser l'une des simulations de conquête spatiale les plus précises jamais éditées. Il s'intègre par ailleurs comme quatrième volet autonome de la saga Bios:Earth, reliant l'évolution de la vie terrestre à l'exploration du cosmos.