Signé par le designer japonais Koota Yamada et publié en 2015, ce jeu de plateau plonge les joueurs dans l'effervescence d'Edo — l'actuel Tokyo —, et plus précisément dans les ruelles animées de Nihonbashi, le quartier commerçant le plus réputé de la ville. Une cité d'un million d'habitants, partagée entre marchands et samouraïs, où artisans, vendeurs ambulants et spécialistes aux métiers insolites — maîtres marionnettistes, nettoyeurs d'oreilles — se côtoient dans une atmosphère unique, entre raffinement et fourmillement populaire.
Au cœur du jeu se trouve une quête de prestige et d'équilibre, incarnée par la philosophie IKI : l'art de vivre idéal selon les habitants d'Edo. Les joueurs recrutent des artisans et des personnages aux professions variées, les installent dans leur échoppe et les font interagir sur un rondel, cette roue d'actions qui dicte le rythme des tours et impose de subtils arbitrages. La collecte de sets, la gestion des revenus, les déplacements sur des pistes de progression et un draft ouvert s'entremêlent pour offrir une expérience stratégique dense, où chaque décision résonne sur plusieurs tours et où anticiper les mouvements adverses est aussi crucial que gérer ses propres ressources.
Destiné à deux à quatre joueurs à partir de quatorze ans, IKI s'adresse clairement aux amateurs de jeux experts, habitués à jongler avec plusieurs systèmes imbriqués. Une partie dure entre une heure et une heure et demie, un format raisonnable au regard de la profondeur proposée. L'ambiance thématique soignée et la richesse mécanique en font une expérience appréciée des cercles ludiques exigeants, qui y trouvent autant de dépaysement culturel que de satisfaction tactique. Son classement dans le top 500 mondial sur les plateformes spécialisées témoigne d'une solide réputation au sein de la communauté.
Voir la fiche de IKI: El juego de los artesanos de Edo sur BoardGameGeek