Imaginé par Mac Gerdts et présenté à Essen en 2009, Imperial 2030 transpose dans notre époque contemporaine la mécanique redoutable qui avait fait le succès d'Imperial. Six puissances mondiales s'affrontent sur le plateau : les États-Unis, l'Europe, la Russie, la Chine, l'Inde et le Brésil. Chacune développe ses infrastructures industrielles, déploie armées et flottes, et cherche à étendre son influence sur les régions neutres — terrestres comme maritimes — réparties aux quatre coins du globe.
Le cœur du jeu repose sur un renversement de perspective aussi déroutant que brillant : ce ne sont pas les joueurs qui incarnent les nations, mais de grands investisseurs internationaux agissant dans l'ombre. En injectant des capitaux dans les différentes puissances — chacune disposant de son propre trésor —, ils en orientent les décisions politiques. C'est le plus gros actionnaire d'un pays qui prend les commandes de son gouvernement, décidant de ses actions tour après tour grâce au rondel, une roue d'options qui structure les déplacements et les choix stratégiques. Le contrôle d'un État pouvant changer à chaque nouvelle mise de fonds, un même joueur peut simultanément piloter plusieurs gouvernements. La vraie guerre, ici, se mène moins sur les champs de bataille qu'en Bourse.
Cette version modernisée introduit plusieurs ajouts notables par rapport à son prédécesseur : une banque suisse, des obligations plus importantes, davantage de territoires neutres à taxer et la maîtrise des canaux de Panama et de Suez, autant d'enjeux supplémentaires qui enrichissent la profondeur stratégique. Le jeu s'adresse à deux à six joueurs à partir de douze ans, pour des parties de deux à trois heures. Exigeant et cérébral, il conviendra parfaitement aux amateurs de jeux économiques et politiques recherchant une expérience dense, où chaque décision d'investissement peut faire basculer l'équilibre du monde.