Signé Rüdiger Dorn et édité en France par Matagot, ce jeu de commerce et de gestion nous plonge dans l'effervescence d'un grand bazar d'Istanbul. Ruelles animées, marchands pressés, étalages colorés : l'atmosphère orientale est au cœur d'une expérience aussi tactique que dépaysante. Sorti en 2014, il s'est rapidement imposé comme une référence du jeu de stratégie économique à complexité accessible.
Le principe repose sur une mécanique de gestion d'assistants aussi originale qu'exigeante. Chaque joueur dirige un marchand accompagné d'une équipe de quatre assistants qu'il déplace sur un plateau modulaire de seize cases représentant les différents emplacements du bazar. Pour agir sur une case — remplir sa brouette de marchandises, acheter des capacités spéciales ou acquérir des rubis — il faut y laisser un assistant sur place. Pour le récupérer, le marchand devra revenir le chercher plus tard. Cette contrainte crée un jeu de planification constant : mal gérer ses déplacements, c'est se retrouver paralysé, sans assistant disponible. L'objectif est simple à formuler mais redoutablement difficile à atteindre : collecter en premier le nombre requis de rubis.
Istanbul convient parfaitement à des joueurs dès 10 ans, et s'adresse aussi bien aux familles qu'aux joueurs intermédiaires en quête d'un défi stratégique sans lourdeur excessive. Une partie rassemble de deux à cinq participants pour une durée de quarante à soixante minutes, ce qui en fait un choix idéal pour une soirée sans prise de tête excessive. Couronné du Kennerspiel des Jahres 2014 — la récompense allemande pour les jeux d'expert —, il confirme que richesse mécanique et plaisir de jeu immédiat ne sont pas incompatibles.