Fruit de la collaboration entre Richard Breese, figure tutélaire de la série Key, et Sebastian Bleasdale, ce jeu de construction de village publié par Gigamic s'inscrit dans un univers médiéval imaginaire peuplé de travailleurs hauts en couleur. Septième opus de la saga Key, il a su s'imposer comme l'une des œuvres majeures du genre au début des années 2010, récoltant les éloges des amateurs de jeux exigeants aux quatre coins du monde.
Une partie se déroule en quatre saisons — printemps, été, automne, hiver — chacune apportant son lot de tuiles à intégrer à son village. Le système d'enchères constitue le cœur du jeu : les joueurs misent leurs ouvriers rouges, jaunes ou bleus pour remporter des tuiles, mais ces mêmes ouvriers peuvent aussi être déployés sur les tuiles adverses pour en exploiter les ressources. Cette règle crée une tension permanente, car chaque placement peut à la fois servir vos ambitions et ouvrir la voie à vos concurrents. L'hiver, saison décisive, ne voit plus arriver de nouveaux travailleurs : les joueurs y révèlent alors les tuiles de victoire qu'ils avaient secrètement conservées depuis le début de la partie, offrant une conclusion aussi stratégique que spectaculaire.
Prévu pour deux à six joueurs à partir de 12 ans, pour des parties oscillant entre 90 minutes et deux heures, Keyflower s'adresse avant tout aux joueurs experts en quête de profondeur et de renouvellement. La combinaison aléatoire des tuiles à chaque partie garantit une rejouabilité remarquable et oblige à réévaluer constamment ses priorités. L'expérience est dense, parfois impitoyable, mais toujours richement récompensée pour qui accepte d'en maîtriser les subtilités.