Signé Jonathan Fryxelius — l'un des cerveaux derrière la célèbre saga Terraforming Mars —, Kingdom Legacy: Feudal Kingdom est sorti en 2024 et propose une expérience radicalement différente de ses précédentes œuvres. Fini les planètes à terraformer : place à un royaume médiéval tout entier à façonner, depuis ses premières terres conquises jusqu'à ses donjons et cités florissantes. Le jeu n'a pas encore d'édition francophone officielle, mais son accessibilité relative en fait un titre séduisant même pour les anglophones du dimanche.
Au cœur de l'aventure se trouve une campagne legacy entièrement solitaire, où chaque décision laisse une trace permanente et irréversible sur le matériel lui-même. On y gère une main de cartes que l'on fait évoluer au fil des sessions : certaines seront déchirées sans retour, d'autres améliorées grâce à des stickers ou enrichies de nouvelles capacités. Ce système de deck building évolutif se mêle à des choix narratifs, des événements imprévus et une progression à travers le paquet qui génère à chaque partie un sentiment de découverte organique. Le joueur nomme même son royaume sur le côté de la boîte — un geste symbolique fort qui ancre immédiatement l'attachement à l'œuvre en construction.
Expérience purement solo, le jeu s'adresse à des joueurs à partir de 14 ans cherchant une aventure longue et narrative, loin de l'agitation multijoueur. Comptez entre six et huit heures pour une session complète — davantage si l'on savoure chaque rebondissement —, ce qui en fait un compagnon idéal pour les soirées de weekend prolongées. La complexité reste modérée, bien en deçà des mastodontes du genre, ce qui ouvre ce type d'expérience legacy à un public plus large. Avec une note supérieure à 8 sur BoardGameGeek dès ses premières semaines, le titre s'impose déjà comme une référence attendue du jeu solo de construction de civilisation.
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