Signé Nicolas Robert et paru en 2015, ce jeu de cartes plonge les joueurs dans la France rurale de 1831, quelque part au fond de l'Ardèche. Une famille de paysans cupides a flairé la bonne affaire : transformer leur modeste bâtisse en auberge, accueillir des voyageurs… et les délester de leur fortune par tous les moyens. Bienvenue à Peyrebeille, où l'hospitalité cache des intentions bien sinistres.
La gestion de main est au cœur du système : chaque carte représente un voyageur qui peut endosser plusieurs rôles selon les besoins du moment — complice soudoyé, structure bâtie pour dissimuler un cadavre, ou tout simplement victime à occire. Chaque action (corrompre, construire, tuer, enterrer, blanchir l'argent) a un coût en cartes à défausser, mais certains personnages ont des affinités avec des actions précises et reviennent dans la main une fois utilisés. Il faut jongler en permanence entre l'élimination des voyageurs, l'enfouissement discret des corps et la conversion des liquidités chez le notaire local — car détenir trop d'espèces sonnantes attire les soupçons. Et gare aux inspecteurs de police qui débarquent à la fin de chaque manche : tout cadavre non enterré coûte cher en pots-de-vin au fossoyeur du village.
L'expérience convient à deux, trois ou quatre joueurs — voire en solo —, à partir de 14 ans, pour des parties de trente minutes à une heure. Le jeu offre une atmosphère malsaine et jubilatoire, à mi-chemin entre l'Euro-game calculateur et le jeu de cartes à ambiance, accessible aux habitués sans rebuter les joueurs intermédiaires. Sa complexité mesurée et son thème délicieusement macabre en font une valeur sûre pour les soirées qui sortent de l'ordinaire.