Signé Gerd Fenchel et paru en 2000, ce jeu de construction de cités plonge les joueurs dans l'Italie de la Renaissance, à l'époque des cités-États rivales. Dans un paysage modulaire aux teintes méditerranéennes, chaque participant incarne un seigneur bâtisseur cherchant à attirer la population la plus nombreuse et la plus prospère, au détriment de ses voisins.
Chaque joueur débute avec deux cités qu'il va progressivement développer en posant des tuiles représentant fermes, carrières, marchés et thermes — autant d'infrastructures indispensables pour nourrir, enrichir et satisfaire ses habitants. Mais le cœur du jeu réside dans la mécanique d'influence : certains édifices confèrent à une cité un prestige supérieur dans l'un des trois domaines culturels, et lorsque la « Voix du Peuple » est proclamée en fin de manche, les habitants des cités voisines moins attractives migrent massivement vers la cité dominante. Cette pression démographique permanente crée une tension saisissante où chaque construction devient une déclaration de guerre silencieuse.
La partie se déroule en six manches, et c'est la diversité des réalisations — cités bien équilibrées, populations nourries, dynamisme démographique global — qui détermine le vainqueur final. La Città s'adresse à des joueurs aguerris, à partir de 12 ans, avec une complexité affirmée qui récompense la planification à long terme et la lecture des intentions adverses. Pour deux à cinq participants et comptez environ deux heures de jeu, l'expérience est tendue, stratégique et profondément satisfaisante pour les amateurs de jeux de civilisation à l'ancienne, ceux qui n'ont pas peur de voir leur empire fondre comme neige au soleil lorsqu'un rival les surpasse en raffinement culturel.