Signé Matthias Cramer, à qui l'on doit également le célèbre Glen More, Lancaster est publié par Queen Games et plonge les joueurs dans l'Angleterre médiévale de 1413. À l'aube du règne d'Henri V, chaque participant incarne une famille aristocratique ambitieuse, bien décidée à s'imposer comme le plus fidèle et le plus puissant allié du nouveau roi.
Le cœur du jeu repose sur un placement d'ouvriers particulièrement dynamique, où les chevaliers de chaque joueur sont déployés dans les comtés d'Angleterre, au château royal ou sur les champs de bataille français. La subtilité vient du fait qu'un chevalier adverse peut être délogé de sa position si l'on y place un chevalier plus puissant — ce qui entretient une tension permanente et oblige à anticiper les mouvements des autres. En parallèle, les joutes politiques au Parlement permettent de voter des lois orientées en sa faveur, ajoutant une dimension de négociation et d'influence à la conquête militaire. La France, elle, se combat collectivement : tous les joueurs y unissent leurs forces, mais seuls les mieux positionnés en récolteront les lauriers.
Lancaster s'adresse à des joueurs à partir de dix ans, mais sa profondeur stratégique séduira surtout les amateurs de jeux de placement intermédiaires, ceux qui apprécient la compétition feutrée et les retournements de situation. Prévu pour deux à cinq participants, une partie se boucle en environ une heure — une durée honnête au regard de la richesse des interactions. Bien ancré dans la catégorie des jeux de stratégie familiale avancée, il reste accessible aux néophytes tout en offrant suffisamment de mordant pour satisfaire les joueurs expérimentés.