Signé Rüdiger Dorn et édité en français par Oya, ce jeu de dés sorti en 2012 nous plonge dans l'ambiance clinquante des casinos de Las Vegas. Six établissements sont ouverts, chacun abritant une cagnotte alléchante, et tous les coups — ou presque — sont permis pour en rafler le plus possible. L'atmosphère est légère, festive, et le thème colle parfaitement à la dose de chaos organisé que propose l'expérience.
Le principe repose sur un mécanisme d'influence par zone mêlé à de la prise de risque. Chaque joueur dispose de huit dés à sa couleur, qu'il lance et répartit sur les casinos correspondant aux valeurs obtenues. Impossible de jouer la carte de la prudence absolue : toutes les faces identiques doivent être placées sur le même casino, sans exception. C'est là que le sel du jeu se révèle — surveiller les dés des adversaires, calculer si l'on peut ravir la majorité sur un casino juteux ou si l'on risque de s'annuler mutuellement, transformant une victoire quasi assurée en amère déconvenue. Le joueur majoritaire sur chaque casino empoche la mise, et en cas d'égalité, les dés concernés s'annulent purement et simplement.
Accessible dès 8 ans et ne réclamant guère plus de trente minutes, ce titre s'adresse aussi bien aux familles qu'aux groupes de joueurs en quête d'une partie rapide et animée. De deux à cinq participants peuvent se retrouver autour du tapis vert, et la montée en joueurs ne fait qu'amplifier le beau désordre. Sa complexité quasi nulle n'enlève rien au plaisir : l'interaction permanente, le Schadenfreude savoureux que l'on ressent en voyant un adversaire se faire souffler sa mise au dernier moment, et l'imprévisibilité des dés en font un classique du genre « facile à apprendre, difficile à quitter ».