Paris, à la veille de la Révolution française : les ruelles grouillent de coupe-bourses tandis que les salons dorés du Louvre bruissent de complots et de chuchotements. C'est dans cette atmosphère de rivalités feutrées que Bruno Cathala et Bruno Faidutti, deux signatures incontournables du jeu de société français, ont imaginé Queen's Necklace, publié par Days of Wonder en 2003. L'intrigue s'inspire librement de l'affaire du Collier de la Reine, ce scandale historique qui éclaboussera la cour de Marie-Antoinette.
Chaque joueur incarne un joaillier royal en quête de gloire et de fortune, cherchant à vendre les pierres précieuses les plus rares — diamants, émeraudes, rubis — à la Reine et à ses courtisans. Le cœur du jeu repose sur une tension savoureuse entre la spéculation sur les gemmes et l'achat d'influence auprès des personnages de la cour. Confesseurs, astrologues, mousquetaires et favorites se monnayent, modifient les règles du marché ou sabotent discrètement vos concurrents. Il faut jongler habilement entre la gestion de sa main de cartes, l'anticipation des prix et une bonne dose de bluff, car la valeur des pierres évolue au fil des trois manches que dure la partie. Celui qui aura su lire le jeu adverse tout en constituant la plus belle fortune décrochera le titre envié de joaillier du roi.
Accessible dès 8 ans et jouable en une petite demi-heure, Queen's Necklace convient aussi bien aux familles qu'aux amateurs de jeux de cartes aux interactions riches. La mécanique légère masque une profondeur tactique réelle, et la tension monte naturellement autour de la table grâce aux retournements de situation liés au bluff. Pour deux à quatre joueurs, il offre une expérience vive et thématique, idéale en début de soirée ou comme introduction aux jeux d'ambiance un peu plus malins que la moyenne.