Signé Uwe Rosenberg — le génial auteur d'Agricola et de Bohnanza —, Le Havre est sorti en 2008 et s'est rapidement imposé comme une référence du jeu de gestion économique. Édité en France par Asmodee, il plonge les joueurs dans le port normand éponyme, où il s'agit de bâtir une industrie prospère en gérant ressources, bâtiments et navires avec une précision d'horloger.
À chaque tour, un joueur commence par répartir de nouvelles marchandises sur les espaces d'offre, avant d'entreprendre une action : collecter des ressources ou activer un bâtiment. Ces constructions constituent le cœur névralgique du jeu — elles permettent de transformer et valoriser les matières premières, d'en tirer des revenus ou d'édifier de nouveaux équipements. Attention toutefois : utiliser un bâtiment appartenant à un adversaire implique de lui verser un droit d'entrée, ce qui crée une tension économique permanente. Les navires, quant à eux, assurent l'approvisionnement alimentaire indispensable pour nourrir ses ouvriers à la fin de chaque manche. Le joueur qui, au terme de la partie, cumule la plus grande fortune — bâtiments, navires et liquidités confondus — remporte la victoire.
Le Havre s'adresse à un public de joueurs confirmés, avec une complexité assumée qui séduira les amateurs de stratégie dense et d'optimisation rigoureuse. Une partie réunit de un à cinq joueurs à partir de 12 ans, pour une durée qui varie entre trente minutes en solo et plus de deux heures à cinq participants. L'expérience est exigeante mais incroyablement satisfaisante : chaque décision compte, les synergies entre bâtiments sont nombreuses, et la pression des ressources ne se relâche jamais. Un grand classique du jeu expert à l'européenne, incontournable pour qui souhaite s'aventurer au-delà des jeux familiaux.