Signé Joseph Fatula et paru en 2015, Leaving Earth plonge les joueurs dans la grande rivalité spatiale de la guerre froide. Nous sommes en 1956 : le monde entre dans l'ère de l'espace, et chaque nation cherche à s'imposer comme la première puissance cosmique. En incarnant le directeur d'un programme spatial national, on rêve de satellites artificiels, de sondes interplanétaires et, peut-être, de poser un homme sur la Lune avant ses adversaires.
Le cœur du jeu repose sur une gestion du risque d'une rigueur presque scientifique. Chaque tour, on mène des recherches en achetant des avancées technologiques — moteurs, capsules, équipements — qui présentent initialement des défauts qu'il faudra tester pour éliminer. On assemble ensuite des vaisseaux pièce par pièce, en calculant soigneusement la poussée, le carburant et la charge utile nécessaires pour chaque segment de trajectoire. La mécanique de déplacement de point en point dans le système solaire est d'une cohérence remarquable : chaque manœuvre coûte des ressources réelles, ce qui transforme la planification d'une mission en véritable casse-tête d'ingénierie. Aller trop vite, c'est risquer un crash ; trop tarder, c'est laisser la victoire à un rival.
Leaving Earth s'adresse résolument à un public expert, passionné d'exploration spatiale et amateur de jeux exigeants sur le plan analytique. Accessible dès 15 ans, il accueille de un à cinq joueurs pour des parties oscillant entre une heure et trois heures selon l'ambition des scénarios choisis — car le mode campagne offre une rejouabilité appréciable. L'expérience est tendue, cerebrale, parfois solitaire dans sa concentration, mais la satisfaction d'une mission accomplie à moindre coût et sans perte humaine n'a pas d'équivalent sur la table.