Signé Reiner Knizia, l'un des game designers les plus prolifiques et respectés au monde, Lost Cities est un jeu de cartes pour deux joueurs paru à la fin des années 1990 et édité en français par Iello. Son thème est celui de l'exploration archéologique : les deux joueurs s'affrontent pour mener à bien des expéditions vers des cités oubliées, représentées par des couleurs de cartes distinctes. Simple dans son habillage, le jeu cache une profondeur tactique qui lui a permis de traverser les décennies sans prendre une ride.
À chaque tour, le joueur doit poser une carte — soit sur l'une de ses expéditions, soit sur une défausse commune — puis en piocher une nouvelle. Les cartes jouées dans une expédition doivent être placées en ordre croissant, ce qui oblige à planifier soigneusement : une carte posée trop tôt peut bloquer des valeurs inférieures pour toujours. C'est là qu'intervient la mécanique de prise de risque : des cartes spéciales dites « poignées de main » servent de multiplicateurs, doublant, triplant ou quadruplant le résultat final d'une expédition. Mais attention — chaque expédition entamée part d'un malus de vingt points, et un mauvais calcul peut transformer une aventure prometteuse en gouffre financier. La tension monte à mesure que la pioche s'épuise, forçant des décisions de plus en plus cornéliennes.
Conçu exclusivement pour deux joueurs à partir de dix ans, Lost Cities se joue en trois manches enchaînées pour une partie complète d'environ trente minutes. Son niveau de complexité très accessible en fait un excellent jeu de soirée en tête-à-tête, aussi bien pour des néophytes que pour des joueurs aguerris en quête d'un duel rapide mais tendu. C'est le prototype même du jeu dit « facile à apprendre, difficile à maîtriser », qui continue de figurer parmi les références incontournables du jeu de cartes à deux.