Signé par Fabien Riffaud et Juan Rodriguez, et édité en France par Sweet Games, Les Poilus est un jeu coopératif sorti en 2015 qui plonge les joueurs dans l'horreur des tranchées de la Première Guerre mondiale. Loin de glorifier le conflit, il rend hommage à ces soldats ordinaires qui, jour après jour, tentaient simplement de survivre. L'univers graphique sobre et poignant installe d'emblée une atmosphère particulière, rare dans le monde ludique.
À chaque manche, le chef d'équipe décide du nombre de cartes que chacun pioche, puis les joueurs jouent à tour de rôle : soit ils posent une carte de leur main, soit ils se retirent de la mission. Ces cartes représentent des menaces concrètes — obus, conditions climatiques — ou des traumatismes psychologiques qui affectent les personnages, comme la peur ou l'obsession. Si l'une de ces menaces apparaît trop souvent sur la table, la mission échoue. Toute la subtilité réside dans la gestion de l'information : la plupart des cartes des autres joueurs restent secrètes, ce qui oblige l'équipe à communiquer avec parcimonie et à faire confiance au jugement de chacun. Vider entièrement la pioche sans laisser le temps s'épuiser constitue le seul chemin vers la victoire.
Les Poilus se destine à deux à cinq joueurs, dès quatorze ans, pour des parties d'environ trente minutes. Accessible grâce à une mécanique légère, il offre pourtant une expérience émotionnellement intense, taillée pour les amateurs de jeux coopératifs à forte identité narrative. C'est le genre de titre qui transcende le simple divertissement pour susciter un vrai moment de réflexion autour de la table — et c'est précisément ce qui en fait une œuvre aussi saluée par la critique que chérie par les joueurs.