En 1666, le Grand Incendie ravage Londres et réduit la ville en cendres. Sur ces ruines fumantes, une occasion unique se présente : rebâtir la capitale britannique de fond en comble. Signé Martin Wallace, l'un des game designers les plus respectés du jeu expert, London propose de revivre près de deux siècles et demi d'histoire urbaine et économique, de la reconstruction post-incendie jusqu'aux premières grandes mutations de la ville moderne. Monuments célèbres, palais somptueux, éclairage au gaz et développements industriels peuplent un jeu aux illustrations soignées, fidèles à l'esprit de l'époque.
Le cœur du jeu repose sur une gestion de main redoutablement efficace. Chaque joueur constitue progressivement sa cité en déposant des cartes devant lui, représentant bâtiments, institutions et infrastructures. Quand il choisit d'activer sa ville, il déclenche ses constructions dans l'ordre qu'il souhaite, générant revenus, points de victoire ou réduisant la pauvreté qui plane comme une menace permanente. Car c'est là toute la tension du jeu : chaque décision implique un sacrifice. Miser sur les classes marchandes pour renflouer les caisses, ou investir dans de grands monuments au risque de s'endetter ? Gérer la misère croissante de la population tout en gardant un œil sur les ambitions des adversaires ? Les choix sont constants, cornéliens, et chaque opportunité saisie en ouvre une autre pour les concurrents.
Accessible dès 13 ans, London convient à deux, trois ou quatre joueurs pour des parties d'environ 90 minutes, ce qui en fait une excellente porte d'entrée vers le jeu de stratégie intermédiaire. L'expérience est tendue, cérébrale, avec une belle profondeur tactique sans pour autant virer à l'austérité. Les amateurs de jeux économiques et de city-building y trouveront un titre dense et cohérent, salué de longue date par la communauté internationale comme une œuvre maîtresse de Martin Wallace.