Signé Stefan Feld, l'un des maîtres du jeu dit « eurogame » à l'allemande, Macao nous plonge à la fin du XVIIe siècle dans le port mystérieux de Macao, comptoir portugais niché sur la côte méridionale de la Chine. Publié en 2009 dans la prestigieuse gamme alea big box, ce titre ambitieux invite les joueurs à endosser tour à tour les rôles de capitaines, gouverneurs, artisans ou savants en quête de prestige sur les routes commerciales de l'Extrême-Orient.
La partie se déroule sur douze manches, rythmées par un mécanisme aussi élégant qu'exigeant : la roue de navigation. Un joueur lance six dés de couleurs différentes, et chacun en choisit deux pour placer des cubes sur sa roue personnelle. La valeur du dé détermine dans combien de tours ces ressources seront disponibles — un exercice de planification à rebours qui oblige à anticiper plusieurs manches à l'avance. Ces cubes permettent ensuite d'activer des cartes aux pouvoirs variés, d'acheter des quartiers de la ville, de déplacer son navire à travers l'Europe pour livrer des marchandises, ou encore d'avancer sur la piste d'ordre du tour. Avec 96 cartes aux capacités uniques et un véritable réseau de livraisons à construire, chaque partie offre des combinaisons stratégiques inédites.
Macao s'adresse clairement à un public de joueurs expérimentés, à partir de 12 ans, capables d'embrasser sa richesse mécanique sans se laisser submerger. Prévu pour deux à quatre participants, une session dure en général entre cinquante minutes et une heure et demie selon l'expérience des joueurs. L'expérience de jeu est dense, cérébrale, typiquement feldienne : peu de place au hasard une fois les dés lancés, mais une constante réflexion sur l'optimisation de ses actions. Un incontournable pour les amateurs de gestion pointue à thème maritime.