Imaginé par Richard Garfield et lancé en 1993, ce jeu de cartes à collectionner est tout simplement le pionnier d'un genre qui a révolutionné le hobby : le CCG (Collectible Card Game). Dans son univers de fantasy épique, chaque joueur incarne un planeswalker, un puissant mage capable de traverser les plans de l'existence pour affronter ses semblables dans des duels de sorcellerie à couper le souffle. Avec plus de vingt-cinq mille cartes différentes publiées au fil des décennies, la profondeur du catalogue est proprement vertigineuse.
Le principe repose sur un duel de decks soigneusement construits au préalable. Chaque joueur part avec trente points de vie et cherche à réduire ceux de son adversaire à zéro en jouant sorts, créatures, artéfacts et enchantements. La ressource centrale — le mana — est générée par des cartes de terrain et conditionne chaque décision. Ce qui distingue le jeu, c'est la richesse tactique de chaque échange : un système de réponses imbriquées appelé the stack permet d'interrompre et de contrecarrer les actions adverses, donnant à chaque tour une densité stratégique rare. La construction de deck, réalisée avant la partie, est en elle-même un défi créatif et analytique à part entière.
Traditionnellement pensé pour deux joueurs, le jeu propose également de nombreux formats multijoueurs, compétitifs ou décontractés, pour accueillir jusqu'à six participants. À partir de treize ans et pour des parties d'environ vingt minutes en duel classique, il s'adresse avant tout à un public expert, prêt à investir du temps — et souvent un budget conséquent — dans la constitution de sa collection. Monument incontesté de la culture ludique moderne, il reste aujourd'hui l'une des références absolues du jeu de cartes stratégique à l'échelle mondiale.