Signé Stefan Dorra, l'un des grands noms du jeu de société allemand, Medina nous transporte en 1822 au pied des montagnes de l'Atlas. La ville éponyme, longtemps laissée à l'abandon, est prête à renaître de ses cendres : palais majestueux, ruelles animées et remparts restaurés vont peu à peu redonner vie à cette cité orientale. Une invitation au voyage autant qu'un duel d'architectes.
À chaque tour, les joueurs posent deux pièces sur le plateau, soit pour agrandir un bâtiment existant, soit pour en amorcer un nouveau lorsque la couleur concernée est déjà finalisée. L'enjeu central réside dans la revendication des palais : chaque joueur s'appropriera un bâtiment de chacune des quatre couleurs, et marquera autant de points que de pièces en bois qui lui sont rattachées. Les plus grands édifices d'une couleur donnée rapportent un bonus supplémentaire, tout comme le fait de connecter l'un de ses bâtiments aux remparts qui s'étendent depuis les quatre coins de la ville. Cette mécanique de pose de tuiles sur grille, en apparence simple, dissimule une tension permanente : chaque placement peut profiter à l'adversaire ou lui couper l'herbe sous le pied au dernier moment.
Medina s'adresse à des joueurs à partir de 10 ans, réunis en groupe de trois ou quatre autour d'une table. Une partie dure environ une heure, ce qui en fait une expérience idéale pour les amateurs de jeux de construction et de stratégie abstraite cherchant quelque chose d'accessible sans être anodin. L'atmosphère est celle d'un affrontement posé mais redoutablement tendu, où chaque décision compte. Le jeu a connu une seconde édition en 2014, enrichie de nouvelles règles et d'une variante à deux joueurs, preuve de sa longévité méritée.