Signé par le prolifique Reiner Knizia, Mille Fiori s'inspire d'une technique ancestrale de verrerie italienne — le millefiori, littéralement « mille fleurs » — consistant à assembler des motifs colorés dans le verre fondu pour créer des œuvres d'une rare délicatesse. Sorti en 2021, ce jeu plonge les participants dans la peau de marchands et d'artisans verriers cherchant à tirer le meilleur profit d'une filière complète, de l'atelier de création jusqu'aux navires marchands qui exportent ces chefs-d'œuvre vers des contrées lointaines.
Le plateau représente cinq zones distinctes correspondant aux différentes étapes du cycle verrier : ateliers, demeures, habitants de la ville, boutiques de négoce et port. Chaque round, les joueurs reçoivent une main de cinq cartes qu'ils se transmettent les uns aux autres selon un draft fermé classique, avant de jouer une carte pour y poser un jeton en losange à leur couleur. Chaque zone obéit à sa propre logique de score — connexions en ateliers, effets de cumul dans les résidences, pyramides de points chez les habitants, influence collective sur les marchandises dans les boutiques, course navale dans le port. Ce qui distingue vraiment le jeu, c'est son système de cartes bonus en cascade : remplir certaines conditions débloque des cartes supplémentaires qui peuvent elles-mêmes en déclencher d'autres, créant des enchaînements aussi jouissifs qu'inattendus.
Accessible dès dix ans grâce à une complexité modérée, Mille Fiori se savoure à deux, trois ou quatre joueurs pour des parties d'une heure à une heure et demie. Il conviendra aussi bien aux familles aguerries qu'aux amateurs de jeux intermédiaires qui apprécient la tension du draft et la satisfaction de construire des positions dominantes sur un plateau. L'ensemble dégage une belle fluidité caractéristique de Knizia, où chaque décision semble simple mais recèle une profondeur stratégique que l'on ne soupçonne pas d'emblée.