Fruit de la collaboration entre Matt Leacock — le père du célèbre Pandemic — et Chuck D. Yager, cette déclinaison horrifique du jeu coopératif emblématique puise ses racines dans l'univers de H.P. Lovecraft. Paru en 2016, il plonge les joueurs au cœur d'une Nouvelle-Angleterre fictive et cauchemardesque, où les villes mythiques d'Arkham, Dunwich, Innsmouth et Kingsport sont menacées par des forces venues d'au-delà de l'espace et du temps.
Le principe reprend la mécanique coopérative éprouvée de Pandemic, mais le thème médical laisse place à l'horreur cosmique : au lieu d'éradiquer des maladies, les joueurs incarnent des investigateurs qui doivent sceller des portails dimensionnels et démanteler des cultes avant que les Grands Anciens ne brisent leurs chaînes et ne se déversent dans notre monde. Chacune des douze divinités anciennes possède des pouvoirs uniques qui modifient la menace à chaque partie, tandis qu'une jauge de folie rappelle cruellement que l'esprit humain a ses limites face à l'indicible. La gestion de la main et les déplacements de point en point imposent des choix constants sous une pression croissante.
Accessible dès 14 ans et praticable à deux, trois ou quatre joueurs, une partie s'achève en une quarantaine de minutes — un format idéal pour une soirée à l'ambiance tendue. Si la complexité reste modérée, le stress généré par l'accumulation des menaces offre des sensations fortes dignes des meilleures fictions lovecraftiennes. Ce titre s'adresse aussi bien aux amateurs de coopératifs familiaux cherchant un peu de frisson qu'aux inconditionnels de l'œuvre de Lovecraft qui apprécieront la fidélité de l'atmosphère. Une entrée de choix dans l'univers des jeux d'horreur.
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