Jeu d'ambiance nerveux imaginé notamment par Roger Heyworth et édité en France par Asmodee, Pass the Bomb — rebaptisé Passa la Bomba pour le marché francophone — est apparu au milieu des années 1990 et n'a depuis jamais vraiment quitté les tables de soirée. Son principe tient en une image aussi simple qu'efficace : une bombe électronique qui bipe entre vos mains, et un minuteur dont personne ne connaît le moment exact de la détonation.
À chaque tour, les joueurs tirent une combinaison de lettres et doivent trouver un mot qui contient cette séquence — qu'elle se trouve au début, au milieu ou à la fin. La règle cruciale : on ne peut se débarrasser de la bombe qu'en proposant un mot valide. Si le temps est écoulé avant d'y parvenir, c'est l'explosion et un jeton de pénalité à encaisser. Le hot potato linguistique ainsi créé génère une pression immédiate et délicieuse : on balbutie, on improvise, on conteste les réponses douteuses du voisin, et le fou rire n'est jamais loin. La richesse du vocabulaire aide, mais l'ingéniosité et le sang-froid comptent tout autant.
Accessible dès 12 ans et praticable jusqu'à dix joueurs, ce jeu de mots en temps réel convient parfaitement aux soirées animées en famille ou entre amis : une partie n'excède pas vingt minutes, le temps d'une ou deux tournées endiablées avant d'en réclamer une troisième. La complexité est quasi nulle, ce qui permet à tout le monde de se lancer sans apprentissage, et la tension électronique du minuteur fait le reste. Récompensé par le prix du Jeu de Famille de l'année au Danemark en 1996, il reste un classique du genre, aussi redoutable pour les esprits vifs que pour les néophytes pris de panique.