Signé par Phil et Matt Eklund ainsi que Jim Gutt, et paru au début des années 2010, ce jeu de cartes plonge ses participants dans le Mexique tumultueux de la fin du XIXe siècle. L'époque dite porfirienne — la paix de fer imposée par le dictateur Porfirio Díaz durant trente-trois ans — sert de toile de fond à une lutte d'influence impitoyable entre grands propriétaires terriens et capitalistes sans scrupules, dans une région frontalière entre les États-Unis et le Mexique au bord de l'explosion révolutionnaire.
Chaque joueur incarne un hacendado, magnat assoiffé de pouvoir, qui bâtit son empire en accumulant ranchs, mines, chemins de fer, banques et troupes armées, tout en cherchant à déstabiliser ses adversaires par le biais de bandidos, de procès ou de soulèvements indigènes. Le cœur du jeu repose sur une gestion de marché dynamique : les cartes défilent comme des gros titres de presse, modifiant en permanence les conditions économiques et politiques. L'objectif commun est de renverser Díaz — par coup d'État, révolution, succession ou annexion américaine — mais la forme que prend ce renversement dépend de l'état du gouvernement en place, lui-même constamment remodelé par les actions des joueurs. Si le dictateur tient bon jusqu'à la fin, c'est le plus riche qui l'emporte.
Accessible dès douze ans sur le papier, Pax Porfiriana s'adresse avant tout aux joueurs expert, férus de stratégie dense et de thématique historique fouillée. Une partie réunit de un à six participants pour environ deux heures de jeu, dans une atmosphère de tension politique et économique rarement égalée. Grâce à un système de draft ouvert et à une sélection aléatoire parmi les deux cent vingt cartes du jeu, chaque partie offre une configuration unique, garantissant une rejouabilité remarquable à ceux qui acceptent d'en maîtriser la profonde complexité.