Dans un empire jadis florissant, une peste dévastatrice a tout réduit à néant. Conçu par Thomas Nielsen et Kai Starck, et édité en français par Matagot, Pest plonge les joueurs dans un Moyen Âge sombre et impitoyable, où chaque maison noble tente de ressusciter une civilisation engloutie par la maladie. Le thème, aussi oppressant que captivant, mêle reconstruction, gestion de crise sanitaire et rivalité politique au sein d'un empire en ruines.
À chaque manche — six en tout —, une carte peste est révélée avant que les joueurs n'agissent, dictant la propagation inexorable du fléau sur un plateau modulable. Le cœur du jeu repose sur un système de sélection d'actions propre à chaque maison : déplacer ses équipes de confinement, mettre en quarantaine les infectés, reconstruire des cités, récolter des ressources ou développer de nouvelles technologies. L'influence grandissante d'une maison débloque davantage d'options et de capacités, mais la peste ne cesse jamais vraiment de rôder, prête à frapper là où on l'attend le moins. Cette tension permanente entre développement et gestion de crise confère à chaque partie un rythme haletant et des décisions constamment cornéliennes.
Pest s'adresse avant tout aux joueurs aguerris, à l'aise avec des règles d'une certaine profondeur et une durée de partie pouvant s'étendre jusqu'à deux heures et demie. Accessible dès 13 ans, il accueille de un à cinq participants, offrant ainsi une option solo appréciable. L'expérience oscille entre la compétition tendue pour l'influence territoriale et la course contre la montre face à l'épidémie — une combinaison qui ravira les amateurs de jeux de civilisation exigeants, cherchant autant la réflexion stratégique que l'immersion thématique.