Signé Thorsten Gimmler et publié à l'origine en Allemagne en 2004 par Amigo sous le titre savoureux Geschenkt… ist noch zu teuer! — « Même offert, c'est encore trop cher ! » —, ce petit jeu de cartes a rapidement conquis le monde entier, décliné sous de multiples noms dont le truculent No Merci!. Distribué en France par Asmodee, il s'est imposé comme un incontournable des soirées légères, preuve que la simplicité peut receler une profondeur insoupçonnée.
Le principe tient en deux actions : soit on pose un jeton pour refuser la carte retournée, soit on la ramasse avec tous les jetons qui l'accompagnent. Les cartes, numérotées de 3 à 35, valent autant de points négatifs que leur valeur faciale — et les points, ici, on cherche à en avoir le moins possible. Heureusement, une série consécutive ne compte que pour sa carte la plus basse. Mais attention : neuf cartes sont retirées aléatoirement avant chaque partie, rendant les enchaînements espérés terriblement incertains. C'est là que réside toute la tension du jeu — prendre le risque d'attendre une carte complémentaire qui n'est peut-être plus dans le paquet, ou dépenser ses précieux jetons pour différer l'inévitable.
Accessible dès 8 ans et jouable à 3 jusqu'à 7 participants, une partie s'expédie en une vingtaine de minutes, ce qui invite inévitablement à la revanche. Son niveau de complexité quasi nul en fait un choix idéal pour mêler joueurs aguerris et néophytes autour d'une même table, dans une atmosphère de suspense et de gémissements joyeux. Familial dans l'âme mais doté d'un vrai mordant tactique, c'est le genre de jeu qu'on glisse dans sa poche et qu'on ne ressort plus.