Signé par le Tchèque Vladimír Suchý et paru en 2020, ce jeu de construction et de gestion plonge les joueurs dans le Prague médiéval de Charles IV, fraîchement couronné roi de Bohême et souverain du Saint-Empire romain germanique. Depuis son château sur les hauteurs de la ville, ce monarque bâtisseur insuffle une ambition démesurée à sa capitale : un pont monumental sur la Vltava, une université, une cathédrale, de nouvelles fortifications… Prague doit devenir le joyau de l'empire, et c'est à vous d'en écrire la gloire pierre par pierre.
Chaque joueur incarne un riche bourgeois cherchant à gagner les faveurs royales en finançant et en orchestrant les grands chantiers de la cité. Le cœur du système repose sur une grue d'actions — une roue centrale qui propose en permanence six actions disponibles, mais dont les coûts et les bénéfices se rééquilibrent constamment, créant une tension stratégique renouvelée à chaque tour. Construire la ville nouvelle, ériger les remparts, participer à l'édification de la cathédrale Saint-Guy ou renforcer ses propres capacités : chaque décision s'inscrit dans une chaîne de synergies qu'il faut anticiper avec soin. Les mécanismes s'emboîtent avec une précision d'horloger, récompensant généreusement les esprits capables de planifier sur le long terme.
Ce titre s'adresse résolument à un public de joueurs confirmés, avec une complexité assumée qui en fait un beau défi pour les amateurs de jeux à l'européenne bien huilés. Il se joue de un à quatre joueurs, à partir de quatorze ans, pour des parties oscillant entre quarante-cinq minutes et plus de deux heures selon la configuration. En solo comme en multijoueur, l'expérience est dense, tendue et profondément satisfaisante. Acclamé par la communauté internationale — il figure parmi les deux cents meilleurs jeux du monde selon les classements spécialisés —, Praga Caput Regni s'impose comme une œuvre marquante du jeu expert de construction de cités.