Imaginé par le trio Paul Abrahams, Luke Badger et Andy Richdale, et édité en France par Iello, Regicide est une petite bombe coopérative aux allures de jeu de cartes traditionnel. Son univers médiéval-fantastique se cache pourtant derrière un support on ne peut plus classique : un simple jeu de 52 cartes. Cette apparente sobriété est trompeuse, car l'expérience qui se déploie est d'une richesse surprenante.
Le principe repose sur un défi collectif : les joueurs doivent ensemble terrasser douze ennemis redoutables — valets, dames et rois — avant de succomber. À chaque tour, on joue une carte pour infliger des dégâts à l'ennemi du moment, mais celui-ci contre-attaque aussitôt : les joueurs doivent alors défausser des cartes pour absorber les coups. Si la main collective ne suffit pas à encaisser l'assaut, la partie s'arrête net. La véritable subtilité réside dans la gestion de la main : chaque couleur de carte apporte un effet spécial distinct, et les décisions tactiques s'enchaînent à un rythme soutenu. En mode multijoueur, la règle interdit toute communication explicite sur les cartes en main, ce qui ajoute une tension palpable à chaque échange.
Accessible dès dix ans, Regicide se joue de un à quatre joueurs en une vingtaine de minutes à peine, ce qui en fait une option idéale pour une pause ludique rapide ou une initiation à la coopération. Sa faible complexité règlementaire n'empêche pas une profondeur stratégique réelle, qui séduira autant les familles que les joueurs expérimentés en quête d'un défi corsé en solo. Un titre discret mais attachant, dont la popularité croissante prouve qu'il n'est pas besoin d'une boîte volumineuse pour offrir une expérience mémorable.