Signé Bernd Brunnhofer et paru au début des années 2000, ce jeu de construction de cité nous plonge dans la Russie impériale du début du XVIIIe siècle, au moment où le tsar Pierre le Grand pose la première pierre de sa future capitale sur les bords de la Neva. L'atmosphère est celle d'une cour fastueuse où ambition, commerce et prestige se mêlent dans une compétition feutrée mais tendue.
Le cœur du jeu repose sur un draft de cartes réparti en quatre phases distinctes qui se succèdent à chaque manche. On commence par acquérir des artisans, qui alimentent les caisses en roubles indispensables aux achats suivants ; viennent ensuite les bâtiments, sources de points de victoire immédiats, puis les aristocrates, précieux à la fois pour leur rapport financier et leur valeur en fin de partie, et enfin des cartes spéciales qui cumulent des avantages renforcés. La tension naît d'un dilemme permanent : au début de la partie, les moyens manquent pour tout acheter ; plus tard, l'argent afflue, mais les cartes convoitées ont souvent déjà disparu au profit d'un adversaire plus rapide. Cette dynamique de timing économique, simple à saisir mais difficile à maîtriser, est ce qui rend le jeu aussi addictif.
Accessible dès dix ans, Saint Petersburg se joue de deux à quatre joueurs pour des parties d'environ une heure, ce qui en fait une excellente entrée en matière dans les jeux de gestion à complexité intermédiaire. Il conviendra aussi bien aux familles curieuses qu'aux amateurs de jeux économiques cherchant une expérience fluide et sans temps morts. Finaliste dans plusieurs palmarès internationaux à sa sortie, il reste aujourd'hui une référence appréciée du genre, régulièrement cité comme une œuvre élégante et bien équilibrée.